Les échos [ 24/10/08 ]
… Début octobre, Total a dévoilé sur son site de Feluy, en Belgique, une unité de démonstration permettant de fabriquer des plastiques à partir du méthanol. L’intérêt de la démarche ? Le méthanol peut être facilement fabriqué à partir de gaz, de biomasse et surtout de charbon. Une énergie fossile dont les réserves mondiales sont plus importantes que celles de pétrole, et que la hausse du brut a rendue plus compétitive.
Les grands de la chimie cherchent à fabriquer des plastiques à partir du charbon. Ces technologies visent en premier lieu le marché chinois.
Le pétrole cher ouvre de nouvelles perspectives aux acteurs de la pétrochimie. Aujourd’hui, cette industrie utilise des dérivés du pétrole ou du gaz pour produire les plastiques qui servent à fabriquer bouteilles, barquettes, tableaux de bord et autres réservoirs de carburant. Mais les grands groupes pétrochimiques regardent aussi ailleurs. Début octobre, Total a ainsi dévoilé sur son site de Feluy, en Belgique, une unité de démonstration permettant de fabriquer des plastiques à partir du méthanol. L’intérêt de la démarche ? Le méthanol peut être facilement fabriqué à partir de gaz, de biomasse et surtout de charbon. Une énergie fossile dont les réserves mondiales sont plus importantes que celles de pétrole, et que la hausse du brut a rendue plus compétitive.
Conçue en partenariat avec l’américain UOP, l’unité de démonstration de Total a nécessité un investissement de 45 millions d’euros. Elle est installée en Europe, mais ce n’est pas son marché cible. « Notre idée consiste à mettre au point un procédé en aval du méthanol afin de produire des plastiques dans un pays producteur de charbon », explique François Cornélis, le patron de la chimie chez Total. Dans ce cadre, la Chine fait figure de pays idéal. L’empire du Milieu cherche à diversifier son approvisionnement énergétique. Il s’avère doté de réserves de charbon abondantes et n’a pas signé les accords de Kyoto.
L’importance de la Chine
Pour l’instant, il n’existe aucune usine de plastique à base de méthanol. Mais Total n’est pas seul à travailler sur le sujet. L’américain ExxonMobil possède un pilote sur son site de raffinage de Baytown (Texas) ainsi que de nombreux brevets. Air Liquide dispose également d’une technologie à la suite de l’achat de l’allemand Lurgi en 2007.
Mais les plus offensifs sont sans doute les acteurs chinois. Premier producteur de charbon du pays, le groupe Shenhua a lancé des projets importants en Mongolie intérieure et dans le Shanxi dès 2005. Même intérêt du côté du chimiste indien Gail ou de groupes chinois tels que Huating Coal Group, Sinopec ou Daqing Petrochimical, une filiale du pétrolier PetroChina.
Le cabinet britannique Tecnon Orbichem a recensé une quinzaine de projets de groupes chinois. Face à une telle concurrence, la partie ne sera pas aisée pour Total. Pour passer au stade industriel, le champion français devra trouver un partenaire local et prouver la supériorité de sa technologie. A Feluy, en Belgique, les visiteurs chinois se succèdent. Mais la signature d’un accord prendra du temps. Total estime qu’un passage au stade industriel pourrait intervenir dans un horizon d’environ trois ans.
E. G.
Voir aussi l’article des échos « Total va au charbon pour fabriquer du plastique«